Le yoga thérapeutique pour résoudre les déséquilibres hormonaux ?

Sensuelle Estelle 20 janvier 2020

La yoga-thérapeute, Dinah Rodrigues, vante les bienfaits du yoga sur les symptômes liés aux déséquilibres hormonaux et à la ménopause. Le yoga hormonal est-il si efficace ?

Le yoga thérapeutique pour résoudre les déséquilibres hormonaux ?

En 2017, l’Ifop soulignait un manque de suivi des prescriptions médicales au sein de l’Hexagone. Près de la moitié des Français oubliait ou adaptait leur traitements (source : ). Pourquoi ? Majoritairement à cause d’une méfiance envers les médicaments : 63% des sondés déclaraient ne « pas aimer trop prendre de médicaments« . Effets secondaires et composants chimiques en effraieraient certain.e.s qui préfèraient alors se tourner vers des médecines douces ou des alternatives « médicales » naturelles. Comme Vicky Villeneuve interrogée par : « Je m’étais enfin décidée à aller voir le médecin [concernant ma ménopause] et j’avais même une prescription d’hormones en main. Avant de commencer à les prendre, je me suis dit que je n’avais rien à perdre à essayer le yoga hormonal. »

Qu’est-ce que le yoga thérapeutique hormonal ?

Le yoga hormonal, inventé en 1991, consiste principalement à atténuer les symptômes causés par des déséquilibres hormonaux et par la ménopause. Et c’est l’initiative d’une Brésilienne, Dinah Rodrigues.

Après maintes recherches, Dinah élabore une série d’exercices en vue de relancer ou d’activer la production des hormones féminines. « Dinah Rodrigues a alors pu constater qu’après une pratique régulière d’au moins un jour sur deux [du yoga hormonal], le taux d’oestrogènes augmentait significativement [en moyenne de 254 % en quatre mois, d’après les données recueillies auprès de 116 femmes en 2001.]» raconte Nathalie Lebel, professeure de yoga hormonal.

Pallier les déficits hormonaux, cela nécessite des exercices posturaux qui agissent spécifiquement sur des glandes endocrines (les ovaires, l’hypophyse, la glande thyroïde et les glandes surrénales). Ainsi que l’usage des techniques de respiration régénératrice et de relaxation.

Si Dinah vante tant de mérites au yoga hormonal, il reste déconseillé pour certaines femmes de le pratiquer : les femmes enceintes, atteintes d’endométriose, de fibrome, de cancer ou lors des règles (les 3 premières jours des menstruations ou en cas de règles très abondantes).

Que dit la science à propos du yoga hormonal ?

Pas grand chose… Jusqu’à aujourd’hui, une seule recherche (source : ) aurait été menée en 2014 pour vérifier l’efficacité du yoga sur les symptômes vasomoteurs de la ménopause. Aucune différence n’a été constatée sur les 773 femmes recrutées par les chercheurs. Même une petite étude réalisée pour comparer le yoga au traitement hormonal de la ménopause, démontrait une plus grande action des médicaments. Mais les données restent faibles pour rendre compte d’une réelle distinction.

Dans , la gynécologue-obstétricienne, Talya Shaulov, n’exclue pas une éventuelle possibilité que le yoga hormonal ait des bienfaits. Certaines des patientes du docteur Shaulov, qui pratiquent le yoga hormonal, « reviennent au bout de trois mois et elles vont beaucoup mieux« . Pratiquer le yoga pourrait avoir des effets bénéfiques sur certaines hormones, suppose la gynécologue. « Il y a de la recherche qui démontre que certains changements de posture peuvent amener des modifications aux taux de certaines hormones » informe-t-elle. « Mais l’œstrogène » dont parlait Dinah « n’a jamais fait l’objet d’une de ces études« . D’autres recherches seraient bien nécessaires, avec un échantillon plus large de femmes ménopausées, pour s’assurer des bienfaits vantés du yoga hormonal.

(Photo à la une : Getty Images)

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