Moins de sexe, plus de chance d’avoir une ménopause précoce ?

Sensuelle Estelle 18 janvier 2020

Des scientifiques auraient déterminé que la fréquence des rapports sexuels retarderait l’arrivée de la ménopause précoce.

Moins de sexe, plus de chance d'avoir une ménopause précoce ?

En règle générale, la ménopause se manifeste vers l’âge de 50 ans, voire à partir de 45 ans. S’ensuivent les symptômes récurrents et parfois (très) difficiles à vivre dès lors que la production hormonale des ovaires a cessé : sécheresse vaginale, bouffée de chaleur, sueurs nocturnes, insomnies, etc.

Mais certaines femmes sont sujettes à une ménopause précoce qui survient avant 40 ans et touche en moyenne 1% de la gente féminine (). Si des facteurs médicaux (maladie auto-immune, traitement du cancer), d’hygiène de vie (tabac) et/ou génétiques explique l’arrivée précoce de la ménopause, des scientifiques auraient trouvé une potentielle autre cause…

Des rapports sexuels moins fréquents et une plus grande chance d’avoir une ménopause précoce ?

Un autre facteur lié au mode de vie jouerait un rôle conséquent sur la possibilité d’avoir une ménopause précoce, d’après une récente étude : la fréquence des relations sexuelles.

Pour cette recherche (relayée par ), Megan Arnot, doctorante à l’Université College de Londres, s’est basée sur les résultats obtenus par une étude américaine lancée dans les années 1990. Près de 3000 femmes, âgées de 45 ans au moyenne au début de la recherche, ont été suivies durant 10 ans. Elles ont chacune été soumises à une série de question concernant leur vie sexuelle : si elles avaient eu des rapports avec leur partenaire au cours des 6 derniers mois, la fréquences des rapports, la nature du rapport (sexe oral,  masturbation, etc.).

À noter qu’aucune des femmes n’était ménopausée lorsque l’étude a commencé. 46% de l’échantillon féminin ressentait toutefois des symptômes de ménopause précoce (changements dans le cycle menstruel, bouffées de chaleur, etc.). Après les 10 ans de suivi, la ménopause est arrivée en moyenne à l’âge de 52 ans pour une femme sur deux.

Et à travers cette étude, les femmes avec une activité sexuelle hebdomadaire étaient 28% moins susceptibles d’être ménopausées en comparaison avec les femmes qui avaient des rapports moins d’une fois par mois. Pour celles qui avaient des relations sexuelles espacées sur un mois, elles étaient 19% moins susceptibles de souffrir de la ménopause précoce.

La ménopause précoce, conséquence d’un réinvestissement énergétique en fonction de la vie sexuelle ?

Selon les résultats de l’étude, les chercheurs doivent vérifier le mécanisme biologique qui activerait la fin de la vie reproductive en fonction de l’activité sexuelle. Mais Megan Arnot évoque tout de même une hypothèse : si une femme n’a pas de relations sexuelles – et donc qu’elle n’est pas susceptible de se reproduire  – le corps « déciderait » de ne pas investir dans l’ovulation. «Il peut y avoir un compromis énergétique biologique entre investir de l’énergie dans l’ovulation et investir ailleurs, comme rester actif en s’occupant de ses petits-enfants» explique-t-elle.

D’ailleurs, avoir des rapports sexuels « inciterait » à une libération des oestrogènes qui elles-mêmes provoquent l’ovulation. Ce qui pourrait être une explication, bien qu’elle n’ait pas été vérifié au cours de l’étude et d’autres possibilités n’ont pas été testées.

Ruth Mace, anthropologue évolutionniste à l’UCL, s’exprime : «La ménopause est, bien sûr, une fatalité pour les femmes, et il n’y a aucune intervention comportementale qui empêchera l’arrêt de la reproduction. Néanmoins, ces résultats sont une première indication que le moment de la ménopause peut être adaptatif en réponse à la probabilité de tomber enceinte. »

(Photo à la une : Getty Images)

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