Cette personne a-t-elle le SIDA ? Comment en être sûr ?

Frédérique Hédon 28 décembre 2019

Il y a quelques mois, j’ai passé une annonce dans un magazine spécialisé dans les rencontres et l’échangisme et j’ai reçu la réponse d’un couple. La femme accepte souvent de faire l’amour avec d’autres hommes que son mari et pratique même parfois des gang bangs. Mais elle n’utilise jamais de préservatifs et les photos qu’elle m’a envoyées le prouvent.

Je lui ai déjà parlé de rapports protégés dans les courriers que nous avons échangés, mais elle répond systématiquement qu’elle n’aime pas les préservatifs. Elle veut faire un test HIV pour me rassurer.

Nous devons nous rencontrer bientôt, et voici mes questions : comment la convaincre d’utiliser des préservatifs ?

Et si elle fait le test HIV, puis-je avoir totalement confiance ? J’ai lu qu’il fallait attendre un délai de trois mois pour que le résultat soit sûr.

J’espère que vous pourrez apporter une réponse à toutes mes questions.

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Notre sexothérapeute, Frédérique Hédon, apporte sa réponse.

La réponse à la question centrale est simple : vous n’arriverez certainement pas à convaincre cette femme d’utiliser un préservatif, puisqu’elle a décidé qu’elle « n’aimait pas ça » et qu’elle préférait le risque à la prévention.

En ce qui vous concerne, vous avez bien compris que le fait d’avoir des rapports sexuels non protégés vous expose à un risque de contamination, en particulier par le virus du sida. Et vous avez d’autant plus raison de vous méfier que cette partenaire potentielle ne se cache pas d’avoir des pratiques sexuelles dites « à risques » (multi-partenaires, gang bangs…).

Pour le sexe oral, cela reste relativement différent. La transmission du virus par la salive durant des rapports buccogénitaux n’a jamais été prouvée de façon certaine, mais le risque n’a jamais été écarté non plus. En pratique, cela signifie que le risque de transmission du SIDA par la fellation ou le cunnilingus est minime, mais pas impossible. Seul le baiser ne présente aucun risque sauf si vous mordez votre partenaire jusqu’au sang (certains le font).

Pour le reste, dans la mesure où le virus est potentiellement présent dans le sperme et le sang, le risque augmente dans le cas d’une fellation avec éjaculation dans la bouche, d’un cunnilingus au moment des règles et même d’un anulingus puisque l’anus saigne assez facilement. Rien n’empêche, par exemple, le virus de se transmettre par le biais d’une petite coupure invisible dans la bouche.

Il est également formellement déconseillé de se contenter d’un test HIV négatif, et ceci pour deux raisons : la première est le délai existant entre la contamination par le virus et la possibilité de mettre en évidence la présence d’anticorps anti-HIV dans le sang par un test. Ce délai varie selon la technique utilisée par les laboratoires et il est souvent de trois mois. La deuxième raison, c’est que vous n’aurez aucune certitude, sauf la promesse faite par cette personne, qu’elle n’a pas eu de nouveaux rapports sexuels « à risques » depuis le résultat du test.

Si vous voulez faire preuve d’un comportement responsable et rationnel, mieux vaut annuler ce rendez-vous. Cherchez quelqu’un de plus raisonnable pour vivre ce genre d’expérience. De nombreux couples pratiquent l’échangisme en respectant le port du préservatif.

(Photo à la une : Getty Images)

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