Vivre ensemble mais séparément, une tendance en vogue

Sensuelle Estelle 14 janvier 2020

De plus en plus de couples adoptent la tendance du « living apart together ». Pourquoi ? Une période transitoire avant d’emménager ? Une modernisation de la vie de couple ? Ne pas vouloir supporter le négatif de la vie commune ?

Vivre ensemble mais séparément, une tendance en vogue

Partager sa vie à deux, mais faire toit à part ? C’est le quotidien de plus d’un million de couples Français, d’après un sondage de l’Ined ().

Bien que les chiffres soient stables, remarque Arnaud Régnier-Loillier, chercheur à l’Ined. « il va sans doute croître » à l’avenir, soutient Chiara Piazzesi, professeure en sociologie.

Le « vivre ensemble séparément » : une période transitoire ?

Surnommés les LAT (Living Apart Together), ils représentent 18% des hommes et femmes de 26 ans. Pourtant, vers 50 ans et plus, la proportion de ces couples non-cohabitant chute aux alentours de 6%. Pourquoi ? « C’est généralement une étape transitoire dans le processus de formation du couple » argue Arnaud Régnier-Loillier. Après 2 ans de relation sans cohabitation, près de 70% des jeunes qui se sont mis en couple à 21-29 ans ou à 30-44 ans décident d’emménager ensemble. Mais avant s’engager plus en amont, « les jeunes se découvrent, ont envie de garder une forme d’indépendance, de finir leurs études ou de démarrer leur vie professionnelle » explique Chiara Piazzesi.

Oui, mais… plus une relation de couple débute à un jeune âge, plus elle dure dans un mode de vie non-cohabitant : passé le cap des 2 ans de relation, les couples formés entre 15-20 ans étaient à peine 50% à s’installer ensemble. Qu’est-ce qui pousserait ces couples à préférer ce mode de conjugalité encore marginal ?

Les aspects négatifs de la vie commune influencent la non-cohabitation ?

Dès l’autorisation du divorce en 1972, le nombre de divorce n’a cessé d’augmenter : en 1976, il s’élevait à 40 000, puis 100 000 en 1986, jusqu’à atteindre environ 130 000 en 2007 (). Et ce taux de séparation en progression s’explique en partie par les désagréments de la vie commune : par exemple, les disputes pour la vaisselle encore dans l’évier, la charge mentale impliquée très souvent aux femmes, une mésentente entre partenaires, etc. Autant d’éléments qui poussent à envisager la non-cohabitation pour une future relation et c’est notamment le cas des 15-20 ans.

Les plus de 45 ans sont également nombreux (35%) à préférer le « living apart together ». Et ce, lorsqu’une nouvelle relation se met en place entre 45 et 65 ans. La plupart ont souvent déjà eu une vie de couple, un mariage et des enfants. Alors l’idée de supporter à nouveau ces aspects négatifs à vivre sous le même toit peuvent les rebuter.

D’autres, en revanche, redoutent la fin de leur histoire d’amour souvent à cause de la cohabitation. Philippe a vécu cette période avec son ex-femme () : « Mon couple s’est usé au fil du temps et nos relations sexuelles se sont petit à petit raréfiées. Elle a fini par tomber amoureuse d’un autre et m’a quitté. »

Et comme l’analyse, la psychologue et spécialiste des séparations, Elodie Cingal : «Quel que soit le motif de la séparation, une cassure identitaire se produit. Au lieu de concentrer sur le positif, on va regarder le négatif et tout faire pour ne plus rien reproduire.»

La non-cohabitation pour ne pas perturber les enfants ?

47% des partenaires qui avaient des enfants résidaient encore chez eux après 2 ans en relation de couple. Seuls 19% des couples sans enfants vivaient ensemble mais séparément.

La garde après une séparation concerne surtout les mères, avance Arnaud Reigné-Loillier. « Certaines mères font alors le « choix » de ne pas vivre avec leur nouveau partenaire » pour ne pas bousculer les enfants avec une nouvelle configuration conjugale.

La beau-parentalité peut être à l’origine d’éventuelles tensions et donc influer sur le choix de la non-cohabitation : par exemple, une mésentente entre les enfants et le beau-parent ou entre partenaires à cause d’un point de vue divergent sur l’éducation.

Une vision plus moderne du couple ?

L’engagement éternel, les 5 enfants et le chien, la grande maison deviennent de moins en moins l’idéal des couples d’aujourd’hui. Selon un autre sondage de l’Ined (), le mariage survient plus tardivement : 74% des femmes et 66% des hommes étaient mariés à 30 pour les générations d’après-guerre (nées entre 1953-1957). Nés entre 1978-1982, seulement 7% des hommes et 16% des femmes étaient mariés à 25 ans.

Les detidom.rus libres deviennent légions dans les années 1970. De nouvelles formes des relations de couple apparaissent progressivement, notamment chez les jeunes. Les 18-35 ans suivent davantage le phénomène des « couples atypiques ». Ils s’inscrivent parfois dans le polyamour ou le couple libre.

Il réside l’envie chez certains de construire une relation, sans pour autant vivre ensemble. C’est une façon de garder un environnement pour s’épanouir personnellement, se retrouver soi-même et de garder une certaine solitude.

(Photo à la une : Getty Images)

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