Education sexuelle : le spot malin de la Nouvelle-Zélande

James-Nicolas de Sade 19 juin 2020

Avec l’essor du numérique, l’exposition au porno est de plus en plus précoce. Pour sensibiliser à cette cause, la prévention reste la meilleure solution

Une publicité du gouvernement néo-zélandais mettant en vedette des acteurs et actrice jouant des stars du porno totalement dénudées est devenue virale en ligne. Elle a été largement saluée sur les réseaux sociaux à la fois par les membres de l’industrie du plaisir mais aussi les associations agissant pour la protection et la sécurité des mineurs sur Internet.

Une volonté gouvernementale

La Nouvelle-Zélande a entamé depuis le début des années 2000 déjà une révolution en matière de législation sur le sexe. En 2003, la Nouvelle-Zélande devient l’un des rares pays à rendre possibles la possibilité de créer des maisons closes autogérées.

Cette publicité inhabituelle, qui fait partie de la campagne du gouvernement Néo-zélandais Keep It Real Online (que l’on pourrait traduire par « Garde les pieds sur terre en ligne »), montre deux acteurs jouant des stars du porno nues appelées Sue et Derek.

Le couple se présente à la porte d’entrée d’une mère pour lui dire que son fils les a regardés en pleine action en ligne. Sur son ordinateur portable, entre autres appareils, mais aussi son iPad, son téléphone etc. etc. Ils l’avertissent dès lors qu’il ne sait peut-être pas comment les relations, amoureuses et sexuelles, fonctionnent réellement dans la vie réelle.

Sue raconte à la mère horrifiée, Sandra : « Nous jouons habituellement pour des adultes mais votre fils n’est qu’un enfant. Il ne sait peut-être pas comment les relations fonctionnent réellement.»
Après avoir admis qu’ils « y vont tout droit » et ne parlent pas de consentement dans leurs tournages porno, Derek ajoute: « Je n’agirais jamais comme ça dans la vraie vie. »
Le jeune ado les voit alors à la porte et laisse tomber un bol de céréales après les avoir reconnus. Un narrateur termine l’annonce en disant: « Beaucoup de jeunes néo-zélandais utilisent le porno pour se renseigner sur le sexe. Keep it real online. »

Quelles solutions ?

Cette vidéo intervient après la publication d’un rapport l’année dernière qui a révélé que les adolescents en Nouvelle-Zélande utilisent Internet comme principal moyen d’apprendre à connaître le sexe. La vidéo a fait ses preuves sur les réseaux sociaux et a été vue plus de huit millions de fois sur Twitter.
Le site web Keep It Real Online offre également des conseils aux parents et aux éducateurs sur le cyberharcèlement, le revenge porn et le risque de pédophilie en ligne, afin qu’ils puissent assurer la sécurité de leurs enfants et adolescents.

Pendant ce temps-là en France, la situation est beaucoup plus compliquée en ce qui concerne la protection des mineurs et la pornographie en ligne. Le Sénat a voté la semaine dernière une loi sur les violences conjugales. Rien à voir ? Pour les sénateurs, la pornographie serait une « apologie des violences conjugales. » Ces dernier(e)s ont ajouté un article de loi obligeant les sites étant susceptibles de diffuser du contenu à caractère pornographique un système d’identification. Il faudra désormais s’identifier à l’aide d’une carte bancaire pour pouvoir accéder à un site pour adulte. Le simple disclaimer ne suffira plus (en application d’une jurisprudence de 2002). Le CSA sera chargée de mettre en demeure voire de pénaliser les sites ne respectant pas cette loi.

Les parents doivent se sentir confiants lorsqu’ils traitent de ces « problèmes… » A la fin de la journée, ils sont la meilleure personne pour assurer la sécurité de leur enfant.
Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses, mais soutenir votre enfant et donner des conseils à cet adulte en devenir. Lorsqu’il naviguera dans les eaux agitées du monde en ligne, l’adolescent voire l’enfant fera vraiment une différence entre ce qu’il voit et la réalité. Il faut une véritable ambition en ce qui concerne l’éducation sexuelle de nos enfants. Le risque serait de heurter les convictions philosophiques, religieuses et/ou politiques des parents mais il s’agit là non pas de la volonté des parents mais de l’intérêt de l’enfant.

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