365 DNI : le nouveau film scandale de Netflix

James-Nicolas de Sade 26 juin 2020

Nombreux(ses) sont les Français(e)s à avoir des fantasmes, des fétichismes. Pour les non-initiés pourtant, cela demeure un monde mystérieux et donc représenté de manière stéréotypée…

En février, lorsque Parasite avait été plébiscité aux Oscars, on avait l’impression d’avoir trouvé le nouveau porte-drapeau du cinéma en langue étrangère. Cependant, en termes d’attrait populaire, Parasite a été bousculé en un éclair par un petit film polonais appelé 365 DNI.

Présenté comme le 50 Nuances de Grey polonais, 365 DNI (également basée sur un livre à succès), est actuellement le quatrième film le plus regardé sur le Netflix britannique et la troisième plus regardée sur Netflix américain. Ce film nous conte l’histoire d’un patron de la mafia, Massimo, qui kidnappe, drogue, étouffe et viole une inconnue pendant un an dans l’espoir fou qu’elle tombera amoureuse de lui. Il lui donne cette limite pour tomber amoureuse de lui.

Représentation de la culture du viol

Il existe une théorie selon laquelle 365 DNI connaît un tel succès en ce moment car le confinement a rendu tout le monde incroyablement excité par un désir de violences.

Plus sérieusement, ce film est critiqué notamment pour sa perpétuation de la culture du viol. L’homme s’arroge le droit de disposer de la femme comme il l’entend. Tout cela dans le seul but de flatter son ego, de se sentir supérieur. Il kidnappe une femme en espérant lui faire développer un syndrome de Stockholm. Le rapport est donc non consenti, contrairement à un rapport BDSM classique . Dans cette série, pas de « safe-word« ,  Laura est réduite à un morceau de viande, un punching-ball.

Il y a de la masturbation, un coit contre une fenêtre. Il y a des coups de langue, des crachats, un léchage non consenti, une consommation érotique de crème glacée, plusieurs positions filmées avec un drone et une scène d’une fellation particulièrement agressive, pipe forcée par Massimo. Après-coup, l’hôtesse de l’air confesse pourtant avoir apprécié. Le viol est presque romantisé.

Après 365 jours, la femme tombe amoureuse de son kidnappeur. Ils se fiancent et elle tombe enceinte. On ne vous spoile rien mais la fin est encore plus glauque. Malgré tout, 365 DNI aura au moins une morale: réflexion faite, kidnapper une femme et la garder en otage pendant un an dans une prison sexuelle n’a pas toujours la fin heureuse que vous attendez.

 De fausses idées sur le BDSM

Lorsqu’elle manifeste son désaccord, elle se fait molester. Signe qu’elle n’a rien à dire et doit juste à obéir à l’homme. Ce dernier reste persuadé qu’il fait tout « pour prendre soin d’elle ». Le rapport dominant-dominé qui existe dans le cadre d’une séance BDSM est très clairement exagéré. Toute la représentation du sexe et du monde de la domination qui est faite dans ce film est problématique. La représentation est stéréotypée, uniquement basée sur le cliché.

Ce qui est peut-être le plus troublant à propos du film, c’est la manière dont il décrit les actions parfois horribles de Massimo comme excitantes sexuellement. Il excuse implicitement ses abus en suggérant que Laura le veut vraiment et/ou mérite son traitement.

Dans une scène, Massimo enferme Laura dans une pièce avec lui et refuse de la laisser partir, malgré ses appels répétés. Il la frappe ensuite sur un lit, l’attache à un aigle déployé pour qu’il ait «accès» à elle, la moleste, puis la force à le regarder recevoir une fellation d’une autre femme. La violence est présente seulement pour ce qu’elle est, de la violence. En contradiction totale avec une séance de BDSM. Dans cette dernière, la violence sert à assouvir un désir sexuel. Dans le film, elle sert simplement à satisfaire l’ego de Massimo.

Dans une autre scène, après que Laura ait rejeté ses avances sexuelles sous la douche et se soit retournée pour partir, Massimo la prend brutalement par le cou et la tire violemment vers lui; la musique suggère que l’acte est excitant, mais l’image serait plus adaptée à un film d’horreur.

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